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 I just want your smile.

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MessageSujet: I just want your smile.    Dim 20 Fév - 3:19


On ne sait pas pourquoi on est là, mais on y est. Assis au milieu d'une pièce noire, sans fenêtres, sans lumières, sans repères, sans air, sans rien. On est là. Le silence est étouffant, et pourtant on apprécie. Ce calme prodigieux qui n'existe pas, jamais. Ce silence anormal qu'on sait qu'on n'entendra plus jamais. Assis dans la pièce noire, on peut entendre le silence si on tend l'oreille. Il suffit de faire attention. Si on développe nos sens, trop peu usités à cause de notre société, on peut se repérer. Comprendre que la pièce est grande, infinie. On tâte le mur, et on le suit. On marche, et on ne sait pas où on s'arrête. Alors à bout de souffle, on se laisse glisser sur le sol glacé, qui apaise la chaleur de notre corps. Chaleur dû au stress, à l'angoisse, à l'inquiétude. Chaleur dû à la peur, chassé par le contact trop froid de ce sol inconnu. On ferme nos yeux, sans raison, puisqu’on est aveugle. On plaque nos mains sur nos oreilles, sans raison, puisqu'on est sourd. On ouvre la bouche, et on pousse un cri guttural, sans raison, puisqu'on est seul. Et puis, tout nos muscles se relâchent, la pression retombe, nos sens se rendorment. On ne sent plus, on ne peut plus, on n'est plus. Notre tête se vide, et pendant quelques instants, on peut gouter à cette sensation absolue qui n'existe pas dans le monde réel. Tout se brouille, les couleurs n'existent plus, les sons nous semblent vulgaires et déplacés, les odeurs paraissent impossibles. On ne sait plus. Et quand on pense avoir trouvé la paix, tout redémarre. Abondance de tout. L'esprit ne sait plus où donner. La chaleur atteint son comble. On se roule de douleur mentale sur le sol, en hurlant des paroles insensées. Et on rit de soi-même, en pleurant d'un chagrin sans raison. On ne sait pas combien de temps dure ce moment. 2 secondes? 2 minutes? 2 heures? Le temps n'est plus. Quand finalement tout s'arrête, c'est à bout de souffle que notre corps se stabilise. On essaye d'inhaler le plus d'oxygène, pour approvisionner notre pauvre corps encore secoué de spasmes. L'air se fait rare, on étouffe. Notre corps ne répond plus à nos appels de détresse, on reste cloués à ce sol. Et l'air se raréfie encore. Et puis, on essaye de se redresser, de tendre les bras vers le plafond, comme pour capturer l'air, mais il n'y a déjà plus rien. Nos poumons s'élargissent, s'écrasent à l'intérieur de nous. Et puis, la chaleur est trop grande, une sensation de soif qu'on avait oublié, reprend le contrôle de notre cerveau. Des gouttes de sueur froides coulent sur le sol, semblant nous y collé encore plus. Des larmes mouillent notre visage, puis notre corps. La soif grandit. L'air devient inexistant. On hurle de douleur, de désespoir, de peur, de joie, de souffrance, d'euphorie. La folie.

« Finalement, je me suis trompée. J'ai plus besoin d'eux que je ne le croyais. Ils m'ont acceptée, et soutenue. Sans demander plus, ils ont été là au pire moment. Je sombrais ils m'ont écoutée, sans broncher. Ils m'ont racontée qu'il ne fallait pas s'arrêter, que la vie devait continuer. Je les ai crus, j'espérais que ce soit vrai. Ils avaient raison. Ils ne savent pas et ne sauront jamais l'aide, le bonheur, qu'ils m'ont apporté. Nous ne vivons pas dans le même monde, mais cela ne m'empêchera jamais d'écrire, d'hurler en silence que je les aime.
J'aurais aimé venir faire courir quelques-uns des mots emprisonnés dans le fond de mon coeur. Leur dire à quel point il avait été dur pour moi de me relever mais à quel point ils m’avaient aidée. A quel point leur bonheur est une thérapie. Leur dire à quel point j'aimais la Vie, à quel point c’était grâce à eux . Seulement, dans ma course aux jolis mots, celle qui décrivait mes anciens maux et laissait échapper un "Merci" entre chaque foulée, il n'y avait rien de beau. J'y avais mis tout mon Coeur et passé beaucoup de temps, certes. Mais ça n'avait rien donné. C'était tout sauf fluide, c'était plat, c'était niais, c'était mièvre, c'était minable, c'était honteux. Tout comme moi. Une gamine de sixième aurait pu l'écrire. Aucun talent. Pas même une once d'émotion ne transpirait de ce texte...
Une petite déception et aussi une honte de ne jamais être à la hauteur de leur amitié. »


Cela faisait un moment, déjà, que je tournais en rond dans mon nouvel appartement, songeant à tout ce que mes rencontres m’avaient apportée, en attendant Isabella et Renesmée. Ces deux femmes, tellement grandes d'esprit, m'avaient enseignée la vie sous un autre angle, beaucoup plus agréable à vivre. Isabella m'avait montré l'amour et Renesmée le bonheur. En toute honnèteté, je ne pensais pas qu'elles pouvaient mesurer ce que je pouvais bien ressentir en leur présence. Je ne pouvais me le décrire à moi-même. Cette euphorie incroyable en leur contact, cet air bucolique sur mon visage. Non, vraiment je ne pensais pas qu'elles mesuraient l'impact de leur arrivée dans ma vie. Un revirement de situation, si je puis dire. Ce n'était plus la vie qui s'imposait à moi mais plutôt l'inverse, et cela de façon irrévocable. Je les avais suivis à Prague et je devais les retrouver, pour mon plus grand bonheur, dans les minutes qui suivaient. Bien que cela me permettait de les revoir – cela faisait déjà quelques jours – j’avais en premier lieu invité les deux Cullen dans le but de changer les idées à ma chère Renesmée, bien trop affectée par le décès de sa fille. Je ne pouvais mesurer à quel point cette séparation pouvait la toucher, je n’avais qu’un concept vague, n’ayant jamais perdu une personne chère à mon cœur. Je connaissais seulement, de son état, ce qu’Isabella avait accepté de me dire. Anéantie.
Rien qu’à l’idée que Renesmée puisse être dans un tel état me révoltait.

Je jetai un coup d’œil par la fenêtre et aperçus les deux jeunes femmes de l’autre côté de la route, sur le trottoir. Isabella me sourit.

Les illuminations dans la rue, un morceau de lune déjà tracé, et encore la moitié du soleil. D'un soleil, quelconque peut-être, quelle importance. De mon soleil ? Mon sourire était là. Souvent j'avais l'impression qu'il y avait toujours été. Dessiné à la craie, il s'effaçait le soir. Pas longtemps, quelques secondes parfois. C'était suffisant. Suffisant pour dire que le bonheur était éphémère. Et son sourire à Elles ? Je le cherchais. Du bout des doigts, à tâtons. Quelques fois je croyais m'en être emparée, le tenir du bout des lèvres. Et tout partait en ronds de fumée. Y a pas d'fumée sans feu. J’aurai voulu trouver la cheminée qui a causé tout ça. Rallumer les braises, s'il ne restait que ça. M'asseoir entre leurs bras et oublier le reste. Apaiser les flammes si on se brûlait déjà à l'autre extrémité de la pièce, les recolorer du mieux que je pouvais. Parce qu'il faisait noir. M'acheter une veilleuse pour arriver à m'endormir. Ou veiller jusqu'à que mes paupières aient besoin d'un régime. Et chasser les pensées de ce cinéma sans vie, fusillé du regard tout ceux qui ne méritent que du mépris. Continuer la quête de ses lèvres arc-boutées. Son sourire. Parfois je le croyais moqueur, juste le temps d'un doute. Un doute ne vient jamais seul, et laisse toujours les empreintes de ses pas dans le sable mouillé. Mouillé de mes larmes ? Qui sait. On ne sait jamais. Y aura toujours des suppositions, des peut-être et des si qui se perdront autour de moi, que l'un ou l'autre de nous deux s'entêtera à conserver. Toujours. Jusqu'à que cette première éternité s'achève. Ca dure combien une éternité ? La mienne durera trop longtemps. On pendra l'injustice devant nos yeux ouverts. Et nos larmes, et nos rires, et nos yeux pétillants, seront synonymes de victoires.

Et tandis qu’elles traversaient la rue, le sourire d’Isabella disparut lorsque ses yeux se posèrent sur sa fille. Sur Renesmée, tendre amie chère à mon cœur. Je m’attardais sur elle, sur ses yeux gonflés d’avoir trop pleurer, de n'avoir pu trouver le sommeil. Son air brisé me fendit le coeur et son regard en était d'autant plus éteind et vitreux, comme si une partie de son âme s'en était allée. Ses lèvres fines, carmines, étaient écorchées de s'être fait trop mordiller de chagrin. Il y avait, sur son visage laiteux, une détresse immense dont personne ne pouvait répondre. Personne ne pouvait envoyer du secours à cet appel SOS muet. Pas même ses proches.

Nous étions venus à Prague dans l’optique de changer le cours des évènements. De plus, je pensais réellement que Renesmée avait besoin de voir un décor autre que celui où elle avait toujours vécu avec sa fille, lorsque celle-ci était encore dans le cocon familial. Après tout, autant recommencer. Un besoin de réitérer, ailleurs... Loin. On taira le Passé, ici. On enfouira tout. On ira peut-être même jusqu'à taire l'existence de ce petit coin Où les mots se coucheront sans censure... On laissera passer le temps. On s'exprimera librement. On fera la transition entre le Pire et le Meilleur. On écrira pour soi et tant pis si c'est égoïste, tant pis si les autres ne suivent pas toujours. On se comprendra. On dira "On" sans savoir vraiment pourquoi. Peut-être que c'est parce qu'on prendra par la main celle d'"Avant", celle de maintenant et celle de "plus tard", ensemble. On prend la même et On recommence... On prend la vie tout simplement.

« Isabella, Renesmée, quel plaisir de vous voir ! » dis-je après leur avoir ouvert la porte.[/justify]


[ // HRP // Désolée, c'pas top, je pense me rattraper sur les prochains. Puis, il se fait tard, hein. Haha ♥. Je laisse le RP à celle qui veut ! =] ]
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f o n d a
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mais pas dormir au bois...


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MessageSujet: Re: I just want your smile.    Mer 2 Mar - 3:32



Rose & Isabella.
    I just want your smile...
      mars 2053


Il n'y a plus d'étoiles dans le ciel.
Inspire. Expire. Ferme les yeux et continue de pleurer. Pleurer pour qui ? pour quoi ? Pleurer comment ? et quand ? Pleurer tout simplement. Pleurer parce que j'ai l'âme en peine. Pleurer parce qu'une partie de moi est morte lorsque ma fille a rendu son dernier souffle. Pleurer parce que le monde est tout à coup devenu sombre. Pleurer parce que plus rien n'a de saveur. Pleurer. Pleurer à n'en plus pouvoir. Et quand on ne peut plus pleurer : Crier. Crier sa douleur, crier pour essayer d'évacuer. Crier jusqu'à ce que le son de ma voix ne devienne plus qu'un bruit sourd. Un bruit auquel mon oreille fragilisée par mon renfermement s'est finalement habituée. Et une fois le rituel passé. Se poser devant un miroir et sourire. Sourire d'un sourire qui n'a rien de sincère car malgré ça je ne vais pas mieux, non mon cœur continue de pleurer, mes maux continuent de torturer sadiquement mon âme mais sourire pour essayer de ne plus souffrir, pour avancer parce qu'on se doit d'avancer.

Une fois cela je me pose sur mon lit et assise sur ce dernier je fixe le mur qui me fait face. Je me demande ce qu'en penserait Milie, si elle était là. Si seulement elle pouvait être là... Si elle ne l'aurait pas aimé j'aurais volontiers accepté de le peindre. Le peindre en rouge. Le peindre en bleu. Le peindre dix fois, cent fois, mille fois. Le peindre pour qu'elle soit là à mon côté et qu'elle l'apprécie. Peindre pour qu'elle sourit, pour que je puisse une dernière fois, oui ne serait ce qu'une fois encore entendre son rire. Puis sentant qu'à mes pensées les larmes me guettent je me lève vivement. Je me précipite alors dans le garage et prend un pot de peinture. Violet. C'est une variante de la couleur des murs de la chambre de Milie. Je suis certaine qu'elle l'aurait apprécié. Je m'en empare donc retourne très vite dans ma chambre. Une fois les lieux retrouvés, avec un pinceau trouvé totalement au hasard je repeins maladroitement ce mur. C'est moche mais je n'en ai cure. Les larmes s'estompent à chaque coup de pinceau. Et au fond c'est tout ce qui compte. Un sourire se dessine alors sur mes lèvres puis... puis un cri strident quitte ma gorge. Je cris toujours et encore et lorsque je n'y arrive plus. Je prend le pot de peinture et le jette à travers la fenêtre. La vitre se casse et n'en pouvant plus je ris. Je ris ma peine. Je ris pour décompresser.

Et alors que je continue de sombrer je la vois. Je l'aperçois. Non pas Milie. Maman. Le regard affolé, le regard inquiet je me lève alors les yeux certainement bouffis et je ris tout en pleurant en me jetant dans ses bras. Je pleure. Je ris. Je cris. Je tape du pied. Puis du poing. Je pleure une fois encore et je me laisse tomber à ses pieds me recroquevillant sur moi-même tout en lui lançant « Elle n'aimait pas la couleur des murs. Milie n'aimait pas maman. Pardonnes-moi. Pardonne-la de nous avoir quittée s'il-te-plait. Pardonne-la pour nous deux car moi je n'y arrive pas. Je la hais. Je les hais. J'ai mal. Je me perds... » Puis doucement la main de ma mère se pose sous mon menton. Elle relève mon visage et dépose alors un baiser sur mon front et tout en continuant de soutenir mon visage ses pouces frottent mes larmes.

Après quelques secondes je me relève. Souffle un bon coup et la quitte pour aller me changer.

Je me regarde dans le miroir. Je fais pitié à voir. J'ai honte. Je finis tout de même par passer sous la douche et alors que les larmes continuent de couler sans que je ne puisse les retenir je me débarbouille. Je souffle un bon coup. Sors. Puis m'habille. Une fois prête j'entre à nouveau dans la chambre et je vois maman, assise sur mon lit, un sourire empli d'amour sur les lèvres. Je le lui rend et même si elle sait qu'il n'a rien de sincère elle s'en contente. Elle ne me demande rien, ne me dit rien mais je vois qu'elle a tout débarrassé. Elle a même mise une planche à la fenêtre. Cela rend la pièce plus sombre et c'est mieux. J'aspire déjà mon retour où je pourrais à nouveau m'isoler. En attendant nous devons aller voir Rose. Je l'ai promis. Et même si le cœur n'y est pas j'irais. Je l'ai promis.

___________________________________________


Je sors de la voiture. Pendant le voyage je suis resté muette, fidèle à la nouvelle moi et donc au mutisme profond dans lequel je suis plongé depuis quelques temps déjà. J'ai juste su la remercier pour avoir débarrassé et je lui ai dis que même si je ne disais rien je voyais ce qu'elle faisait pour moi, pour que j'aille mieux. Après cela nous n'avons pas parlé, nous avons juste écouté le silence et étrangement cela m'a apaisé. En sortant de la voiture c'est un peu plus bruyant mais j'arrive à surmonter cela. Je regarde tout autour de moi. Je ne connais rien ici. Et ne veut rien connaître. J'avance donc et lorsque ma mère me regarde j'acquiesce pour lui faire comprendre que ça ira. Nous avançons alors côté à côte sa main rassurante dans la mienne jusqu'à la porte. Rose devait nous attendre car nous n'avons même pas le temps de la prévenir de notre présence qu'elle est déjà à la porte. « Isabella, Renesmée, quel plaisir de vous voir ! » . Je lui souris alors et entre lorsqu'elle nous ouvre le passage. Je tiens toujours la main de maman. Fort. Très fort. Trop fort. Mais ça me fait du bien, ça me rassure car ça fait bien trop longtemps que j'essaie d'attraper les mains qu'on me tend. Ça fait bien trop longtemps qu'elles m'échappent. Ça fait bien trop longtemps que tout m'échappe. Que je survis au lieu de vivre. Que j'ai mal. Que je meurs.



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MessageSujet: Re: I just want your smile.    Mer 2 Mar - 15:03



    I’d catch a grenade for you
    Throw my hand on a blade for you
    I’d jump in front of a train for you
    You know I'd do anything for you
    I would go through all this pain.



    Debout devant l'évier de la cuisine de Nessie, le regard perdu dans l'immensité du ciel bleu, mes mains s'agitent toutes seules à la vaisselle, exécutant des gestes connus, impossible à oublier, je ne pense plus à rien, seul mes sens vampiriques me permettent de faire quelque chose d'utile alors que j'aurais du être recroquevillée sur moi-même attendant un moment de pitié de la part de la tristesse. Milie. J'ai juste poussé ce tiroir loin dans ma tête, comme s'il était fermé à double tour, entouré par une chaine de fer lourdement armée d'un cadenas. La douleur s'en va. La douleur revient. Edward est là, je craque. Nessie est là, je dois être forte. Ce soir, je suis avec elle. Ce soir plus que les autres pourtant j'ai envie d'exploser, normalement je dois être forte, mais l'entendre s'affairer dans la chambre de sa fille me donne l'impression de nager entre deux eaux. Une qui tend à la laisser faire pour exhorter tout ça et l'autre qui tend à l'empêcher de se faire du mal, à essayer d'avancer malgré tout. Mais comment avancer après une telle tragédie. Comment aurais-je fait si c'était ma Nessie qui était morte. Milie était ma petite fille, je l'aimais d'un amour inconsidéré, mais mon bébé ? Celle pour qui je m'étais tant battue, pour qui j'ai donné ma vie humaine... Ma chair, mon sang. Non. Impossible. Je ne peux pas penser à ça, je dois être là, forte et digne. Je l'entend rire, je souris à mon tour. Ensuite je perce la demi teinte de ce rire et me commence à me sentir mal. Je monte les escaliers lentement, apeurée du spectacle que je pourrais découvrir. Ma fille est là, elle ris, comme une démente, à ma vision elle se lève et se jette dans mes bras. Je la serre contre moi, j'aimerais la serrer plus fort encore mais elle est à moitié humaine et en cet instant je l'envie, elle au moins peut pleurer. Les larmes qui ne coulent pas de mes yeux me font souffrir le martyre, comme des lames enfoncées dans ma chair refusant de me quitter. Elle est agitée, elle se débat, pourtant elle se laisse aller sur le sol et je m'écroule avec elle. Elle me dit que Milie n'aimait pas cette couleur, comme si cela avait de l'importance à cet instant ? Je ne réponds pas, enfuyant sa douleur au fond de moi-même, comme la mienne. Je passe une main sous son menton et le relève pour ancrer mes yeux dans les siens. Je ne souris pas, je n'ai pas l'air triste. J'ai l'air d'une mère. Je dépose un baiser sur son front et sèche ses larmes, ses larmes qui coulent, qui s'écoulent plus qu'elles ne devraient et qui me libèrent au même titre que si c'était les miennes. Elle se lève rapidement et quitte la pièce, sa présence me manque déjà. J'ai envie de la garder infiniment dans mes bras, que son père nous rejoignent et que l'éternité nous accueillent tous les trois. Plus personne n'aurait alors compté.

    Nessie est dans la salle de bain, je range un peu ce foutoir qui la ferait repenser à ce moment douloureux, je range les pinceaux, je cloue une plaque à la fenêtre, l'air passe et je sais à quel point elle déteste avoir froid. Je fais un tour de la pièce, la main collée au mur, aux 4 murs que je touche pour m'ancrer dans la réalité. Milie. Elle me manque. Elle n'est plus là. Je ne peux la hair. La déception a fait place à une plus grande émotion balayant toutes les autres, je n'ai plus le choix, je dois avancer. Ma fille revient dans la pièce, je lui souris tendrement, elle est belle. Si belle, bien plus belle que moi. Elle tient tout de son père. Dans la voiture, elle reste silencieuse, me remercie et redevient calme et posée. Un sourire triste se dessine sur mes lèvres, la douleur est horrible mais lorsqu'on a l'éternité, dure t'elle indéfiniment ?Nous sortons de la voiture et je remarque l'air perdu et absent de Renesmée, Jacob ne veut plus la laisser conduire mais c'est toujours un plaisir pour moi de venir chercher ma fille, j'enlace ma main dans la sienne, mêlant ses doigts fins aux miens. Je ferais tout pour elle, tout pour qu'elle aille mieux. Je serais là, à ses côtés autant de temps qu'elle voudra de ma présence et me battrais jusqu'au moment où notre combat sur la douleur sera vaincu. Nous sommes sur le pas de la porte et Rose vient immédiatement nous ouvrir. Un énorme sourire se dessine sur mes lèvres. Rose est un peu la vie qu'il me manque pour le moment, côtoyant trop souvent la mort. Elle n'est pas ma fille, mais elle aussi, je l'aide du mieux que je peux. Je ne la connais pas depuis longtemps mais je sais que notre rencontre l'a faite changée. Je suis heureuse d'être là. Je sens la pression de la main de Nessie dans la mienne et ne la lâche pas, je regarde Rose et l'embrasse d'un bras. J'entre doucement, ma fille me suivant dans le couloir. Je respire à nouveau. Loin de tout. Loin de ce foyer qui maintenant m'étouffe autant qu'il étouffe ma Nessie, ma fille.
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MessageSujet: Re: I just want your smile.    Ven 4 Mar - 0:59


Isabella et Renesmée passèrent devant moi tandis que je refermais la porte derrière elles. Une embrassade, un sourire.

Mon cœur avait raté un battement. Mes forces avaient manqué de m’abandonner au moment où mon regard s’était posé sur Renie, au moment où mes yeux avaient pu voir à quel point elle était détruite. Ses petits yeux bouffis et bouffés par la fatigue et les pleurs. Combien de nuits avait-elle passé, dans ses draps froids, à hurler la mort de sa fille, à hurler ces milliers de couteaux qui lacéraient son âme en lambeaux, à hurler sa colère, son désespoir.

Elle m’avait accordée un sourire, peut-être cherchait-elle à me rassurer. Un rictus, plutôt qu’un sourire. Une espèce de grimace qu’elle avait tenté de reproduire. Relever les coins de ses lèvres vers le haut et le tour était joué.
Mais non, même si le temps s’y était prêté, les rayons du soleil ne parvenaient pas à éblouir son visage, et son regard était terriblement morne. Sa peau était si froide, si blême. Un air maussade. Des larges cernes sous l'ovale de ses yeux montraient à quel point elle était épuisée. Et ses cheveux - ses beaux cheveux d'or ! – étaient négligés. Son corps décharné titubant de chagrin.
Ô Renesmée, pourquoi sembles-tu si triste ?

Non, en fait mon cœur avait raté deux battements. Le second choc fut lorsque j’eus croisé le regard de sa mère, empli d’impuissance. Que pouvait-elle, face à tant d’afflictions ? Comment son cœur pouvait-il réchauffer celui de sa fille, alors que celui-ci avait besoin du sien pour fonctionner ?

Je les devançai, les menant au salon. Je lançai une question muette du regard à Isabella qui hocha négativement la tête. Sans mot dire, elles s’installèrent sur le canapé, toujours main dans la main, tandis que je disparaissais dans la cuisine chercher une boisson chaude pour mon amie. Tandis que le chocolat chaud se préparait bruyamment dans la machine à expresso, je jetai un coup d’œil par la fenêtre, certainement en quête de réponses à leur donner.

Il y avait ce ciel noir qui s'étendait dans l'horizon sombre et brumeux dont on ne voyait la fin, allongeant de sa couleur l'immensité de la douleur de son chagrin. Il y avait le bruit tonitruant de cette pluie lourde nappant ces ruelles pourtant déjà devenues sourdes. Il y avait ce vulgaire courant d'air, qui me rappelait la sonorité angoissante des feuilles bruissant et bruyantes. Il y avait ses sanglots chauds, qui lui bouffaient la gorge de leur épaisseur, de leur chaleur. Cette terrible douleur qui savamment, machinalement, sans aucune décontenance, lui labourait son cœur devenu trop froid. Il y avait ce fracas continu, mais scandé par des sanglots interrompus, par une sueur et des pleurs se mélangeant à ceux du ciel. Il y avait tout ce climat morose, cette atmosphère chargée d'une amertume que j'aurais voulu démentir. Il y avait tout. Mais il y avait l’espoir qu’un jour, elle aille mieux.
Ô Renesmée, pourquoi sembles-tu si triste ?

Je revins dans le salon et posai la tasse sur la table basse, devant le regard absent de Renesmée. Je notai qu’elle murmurait quelques paroles que je ne pouvais entendre et qu’Isabella n’écoutait pas. Je m’assis à côté d’elle, l’encadrant avec Bella et cherchai quelques paroles pour la réconforter. Après tout, Avant, mon seul et paradoxal but était de m'autodétruire, de mener une guerre totale, dévastatrice et sans merci contre tout ce qui me constituait. Mon fourbe ennemi était Moi-même : bouillonnante de rancune, je ne me tolérais aucune faiblesse ; tout devait disparaître sous les coups de ma vengeance. Et puis, un jour à l'extrême limite de toutes mes capacités, j'ai subi la répugnante tentation du bonheur, et cela à cause d’elles deux. Elles m’avaient aidé, c’était à mon tour à présent.

« La vie c'est courir sur un sol qui parfois disparait sous tes semelles. La vie, c'est avancer, la tête pleine d'incertitudes, le cœur gros, le corps brisé. La vie, ce sont des doutes, des peurs, des souvenirs qui surgissent comme des lames de fond. La vie, se sont des nuits aux yeux encore plus ouverts qu'en plein jour. La vie, ce sont des envies d'avancer avec des peurs de reculer, des confiances en soi qui disparaissent, des « peut-être », des fatigues, des questions sans réponse, des réponses sans questions, en pleine face, parfois. La vie, ce sont des faiblesses, des sentiments d'impuissance. La vie ce sont des miroirs dans lesquels on ne se reconnait pas. Ou plus. La vie, c'est se battre contre des vents contraires, des longues attentes jusqu'à ne plus se souvenir ce que l'on attend. La vie, ce sont des nœuds au ventre et des sacs de nœuds dans lesquels on n'aurait jamais voulu mettre la main. La vie, ce sont des déserts à traverser et des soifs qui ne s’étanchent pas. La vie, ce sont des courses contre sa propre montre, contre sa propre ombre. La vie, ce sont parfois n'y voir pas clair en plein soleil. La vie, ce sont quelques mots qui te détruisent pour longtemps. La vie, ce sont des regards qui te glacent le sang. La vie ce sont des moments que tu voudrais effacer. La vie, ce sont des mains non tendues. Des impasses et des manques. Des espaces vides. Des secondes qui durent des heures. De la chaleur insupportable, du froid insurmontable. La vie ce sont des silences. Des moments inévitables. La vie c'est tout et son contraire. Mais il n'y a pas que ça. Parce que la vie, ce sont aussi des chances à saisir. Des joies. Des sourires. Des « toi ». Des émois. Des nous. Des « ensemble ». Des mains dans la main. Des yeux qui brillent. Des « encore ». Des réussites. Des étapes. Des soleils qui réchauffent. Des tapes sur les épaules. Des « merci ». Des reconnaissances. Des avancées. De l'amour. Du bonheur. Des petites choses qui ne s'oublient pas. Des yeux dans les yeux. Des mains dans les cheveux. Des repos mérités. La vie c'est un épanouissement, un horizon qu'on peut toucher du doigt. Des plaisirs. Des régals. Des goûts inoubliables. Des odeurs enivrantes. Des tours de magie. Des passions. Des grands sauts. Des « demain ». Des toujours. La vie c'est le temps qui passe plus vite que tout. La vie ce sont des moments simples. La vie c'est être là et se sentir bien.
La vie c'est construire des choses.

La vie c'est tout. C'est tout ça.
La vie c'est tout ce qu'on a. »

Je parlais donc mais je ne disais rien. Je soufflais des mots creux, j'expulsais des phrases vides. Les lambeaux d'idées que j'éparpillais sont des mensonges, des déformations, des hypocrisies. J'occupais le silence avec mes paroles insignifiantes. Leur méfiance était endormie, et elles écoutaient, persuadées de voir briller dans l'obscurité la clé de mon esprit. Et je tentais de réconfortais Renesmée, de la bercer dans cette illusion : vérité, aveux, confessions. Je parlais, sans interruption, inlassable. Mais je ne disais rien, non, je n'avais pas touché du doigt le véritable problème. Je ne l'avais même pas effleuré, j'avais simplement joué dangereusement avec le voile dissimulateur qui le recouvrait... mais je ne l'avais pas retiré.

« Je ne te fais pas une leçon de vie, ma belle Renesmée, je suis assez mal placée pour ça. C'est juste que ... je ne sais pas quoi te dire. Je tente par tous les moyens de te rappeler que la vie, c'est pas que se morfondre et tu me l'as fait comprendre. Je me dois de te le remettre en place. Que pourrai-je bien faire ou dire de plus pour t'aider ? Je ne peux pas te dire que ça va allé ... Parce que je n'en sais rien. Les seules certitudes que j'ai en ce moment, c'est que je suis là, et que la vie, ce n'est pas que ça. »


Il faisait un temps de chien, vulgairement, dehors. C'était ce genre de temps qui nous rendait agressifs et mélancoliques. Encore légèrement endormi, je pouvais entendre le vent qui balayait les feuilles des arbres et faisait rompre le silence de cette journée ; les branches s'agitaient à l'extérieur comme si elles prenaient vie l'espace d'un instant. Les volets ouverts donnaient de grands coups puissants contre la façade ; cela aurait dérangé n'importe qui, mais pas nous. Nous, nous étions contre Renesmée, silencieux, écoutant sa peine.

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MessageSujet: Re: I just want your smile.    

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